LE ROLLA‑BOLLA (OU ROULEAU AMERICAIN)

A.  Présentation de l'engin

La maîtrise de l'équilibre, au rolla‑bolla, passe par le transfert du poids du corps d'un pied sur l'autre et la compréhension du polygone de sustentation. Avant tout, il est important que la planche soit bien centrée sur le rouleau.

Comme le rolla‑bolla peut « fuser » sur le côté, il convient de déterminer une zone de sécurité autour de la zone d'évolution. On peut cependant limiter cet effet en équipant de butées les extrémités de la planche et en recouvrant de moquette le dessous. L'élève doit toujours monter sur la planche en commençant par le côté qui touche le sol. Pour favoriser l'apprentissage, il est nécessaire de disposer les rolla‑bollas sur des tapis, des nattes de gymnastique ou de la moquette. Les déplacements du rouleau seront ainsi freinés par les frottements du revêtement.

Pour renforcer la sécurité des élèves, on peut placer un pareur face à l'équilibriste qui lui offre ses épaules ou les paumes de ses mains comme appuis. Des espaliers (ou des cordes à grimper) peuvent également servir de points d'appui aux débutants.

1.               Quel matériel choisir?

Pour faciliter le repérage des élèves, on peut placer des autocollants sur la planche, tracer l'emplacement des pieds et le milieu de la planche au feutre ou à la peinture.

Nous déconseillons

• Les rolla‑bollas professionnels sont onéreux (environ 60 euros). La planche et le rouleau sont de taille unique (rouleau classique avec un diamètre de 16 cm, rouleau junior avec un diamètre de 12,5 cm).

Nous conseillons

• On peut construire soi‑même des rolla‑bollas avec des tubes de PVC et des planches basiques. Cela permet de moduler la longueur et la largeur des planches d'appui, ainsi que le diamètre des rouleaux (trois possibilités en PVC). L'autre avantage de ce type de matériel est son faible prix de revient.

B.  les mouches

1.               Objectif

Rester en équilibre sur le rolla‑bolla.

2.               Aménagement matériel

Il y a cinq élèves par atelier: quatre sont équipés de rolla‑bollas, le cinquième dispose d'une balle. Des tapis sont installés sous chaque engin.

3.               Consignes

Les quatre élèves sont disposés en cercle, en équilibre sur leur rolla‑bolla, tournés vers le cinquième joueur. Ce dernier, qui n'a pas d'engin, leur lance une balle ou feinte la passe. Les équilibristes doivent être prêts à rattraper une balle qui peut leur être envoyée à tout moment. Si la balle est mal lancée par le joueur du centre, elle est remise en jeu. Lorsqu'un équilibriste ne rattrape pas la balle (par inattention ou déséquilibre) ou si le renvoi est mal exécuté, il remplace le joueur centrât.

4.               Critères de réalisation

Les équilibristes doivent être sur leur planche ou se tenir prêts à y monter rapidement. Le milieu de la planche est placé sur le rouleau, les pieds aux extrémités de la planche: la jambe d'appui (tendue) doit être posée en premier sur la planche, et la jambe surélevée (pliée) prête à être « chargée ». Les équilibristes doivent regarder constamment le lanceur.

5.               Évolution du jeu

Le joueur placé au centre peut avoir plusieurs balles à sa disposition et les mettre en jeu en même temps.

6.               Problèmes rencontrés et remédiations

L'élève éprouve souvent des difficultés à trouver rapidement sa position d'équilibre. Les chutes du rolla‑bolla sont fréquentes. On peut lui demander d'être constamment en bascule sur la planche (de gauche à droite) et d'aller toucher le sol à chaque fois. On peut également placer le rolla‑bolla sur un tapis plus épais pour limiter son mouvement.

C.  LE SCULPTEUR

1.               Objectif

Maintenir son équilibre en réalisant une autre action.

2.               Aménagement matériel

Les ateliers sont constitués de quatre à six élèves, avec un rolla‑bolla pour deux élèves (et un tapis sous chaque engin).

3.               Consignes

Un élève est debout et joue le rôle de « statue ». Un « sculpteur » équilibriste se tient face à lui sur son rouleau: tout en gardant son équilibre, il manipule les bras, les mains et la tête de son partenaire pour lui faire prendre diverses positions.

4.               Critères de réalisation

Le sculpteur doit réaliser un travail original sans prendre appui sur la statue et sans tomber avant d'avoir terminé.

5.               Évolution du jeu

Le professeur peut imposer un modèle de sculpture ou ajouter des accessoires (chapeaux, vestes, etc.).

Il est également possible d'inverser les rôles (la « sculpture » étant sur le rouleau).

6.               Problèmes rencontrés et remédiations

Les chutes sont fréquentes et le sculpteur éprouve le besoin de reprendre un appui au sol avec le bout de la planche. On peut lui accorder la possibilité d'utiliser l'une de ses mains pour prendre appui sur les épaules de la statue et stabiliser sa position (avant de débuter le jeu). On peut aussi placer le rolla‑bolla sur un tapis épais pour freiner la rotation.

D.  CHAT PERCHé

1.               Objectif

Prendre un appui correct et rapide sur la planche du rolla‑bolla.

2.               Aménagement matériel

Ce jeu peut se pratiquer en ateliers de six élèves avec cinq rolla‑bollas (et un tapis sous chaque engin). L'espace de jeu peut être limité par des plots.

3.               Consignes

Il s'agit d'une adaptation du « chat perché ». Lorsque le meneur (le « chat ») crie « chat perché! », chacun doit prendre position sur un rollabolla. Lorsque tous les joueurs sont perchés, le meneur de jeu compte à haute voix dix secondes en vérifiant leur équilibre. Si une planche touche terre durant le décompte, le joueur déséquilibré devient le chat. Si tous les joueurs maintiennent l'équilibre, le jeu reprend avec le même meneur. A chaque nouvelle séquence de jeu, les joueurs doivent changer de perchoir.

4.               Critères de réalisation

Aucun joueur ne doit prendre plus de deux fois le rôle du chat.

Il est important de veiller à replacer le milieu de la planche sur le rouleau avant de monter dessus.

5.               Évolution du jeu

Plusieurs variantes peuvent être mises en place facilement

‑ introduire un deuxième chat;

‑ reprendre la règle « classique » du chat perché le meneur de jeu doit toucher un joueur non équilibré pour lui transmettre son rôle de chat.

6.               Problèmes rencontrés et remédiations

La principale difficulté est de trouver rapidement son équilibre. L'autre problème que rencontrent fréquemment les élèves vient de leur besoin de repères visuels (dû à un manque de repères kinesthésiques) pour maintenir un équilibre. Le pratiquant doit fléchir les jambes, comme s'il voulait s'asseoir, puis repousser la planche avec ses pieds en se focalisant sur les contacts. Il aussi conseillé de fixer du regard un repère loin devant soi.